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Membre de l’association “La Vitrine Ephémère” depuis Août 2016

Ça commence par une rencontre qui trouve son ciment dans la création. Plasticien, designer, illustrateur, Stéphane Favier, Jean-Christophe Trichery et Yann Picard font le même constat que tous les créateurs : on n’arrive à rien ou pas grand-chose quand on reste isolé au fond de son atelier.

Créer nécessite aussi de se confronter au regard des autres. Et montrer son travail, c’est également pouvoir le vendre et continuer ainsi à produire. Mais en France, les artistes disposent de peu de lieux d’exposition. La grande majorité échappe au réseau des galeries et n’a pas les moyens de payer des « loueurs de murs ». D’où l’idée des trois Messins de monter leur propre lieu. Nous sommes au début de l’année 2013.

De l’envie à la concrétisation, il y a le coup de pouce décisif. Celui de Patrice Pabst, disposant d’un ancien café-restaurant au 90, rue du XXe Corps américain à Metz. Précisément à l’avant des ateliers de Jean-Christophe et Stéphane. Patrice Pabst relève le pari et propose de prêter son commerce pour six mois. Après quelques coups de fil pour étoffer les troupes et un peu de rénovation des lieux, la première Vitrine éphémère ouvre ses portes.

Une dizaine de créateurs y présente des travaux très variés : peinture, sculpture, mobilier, de facture classique, hyper contemporaine, réaliste ou brute. Et chaque membre active son réseau pour assurer un succès honorable aux vernissages.

Et puis le provisoire se met à durer un peu… Le collectif, encore informel, se structure. Il existe tant de magasins vides et tant d’artistes en demande, que l’aventure éphémère dispose de tous les atouts pour devenir pérenne.

L’association Vitrine éphémère voit donc officiellement le jour en 2014. Elle expose ses objectifs ainsi :« Dans les rues des villes, lorsque les commerces ferment, ils laissent une vitrine vide ou un rideau baissé, que le temps vient ternir ou qui sont progressivement recouverts de graffitis. Tout le monde y perd. Les propriétaires qui voient leurs locaux se dégrader, les commerçants alentours, dont la situation se dévalorise, et les habitants qui n’apprécient guère un environnement qui semble à l’abandon. Nous, artistes, pensons que nos œuvres peuvent habiter ces lieux, le temps de leur vacance. C’est pour cela que la Vitrine éphémère est née. Elle devient le lien entre les créatifs et les propriétaires de locaux temporairement libres. Elle permet à des créateurs d’exposer à moindre frais, de faire connaître leurs travaux, tout en redonnant vie à des commerces, des quartiers, en y attirant le public.

Au final, le partenariat propriétaire-artistes devient moteur de dynamisme local. »

L’idée semble évidente, elle est en réalité audacieuse. D’abord parce que les artistes sont souvent isolés, voire individualistes. Cette fois, réunis au sein d’un groupe, ils se prennent en main. Ensuite, parce que les propriétaires préfèrent généralement une cellule vide à une occupation gracieuse, même sous conditions avantageuses.

Passé d’une dizaine à une vingtaine de membres, le collectif Vitrine éphémère redouble d’énergie pour se faire connaître. Site internet, réseaux sociaux, vernissages mensuels, soirées-événements, médias et démarchages viennent en soutien d’une notoriété naissante. Poids lourd du commerce en Moselle, le centre Géric de Thionville va même solliciter Vitrine éphémère pour organiser une manifestation artistique (en 2015 et 2016) au profit de sa clientèle.

Puis c’est un autre centre commercial incontournable du département, le Saint-Jacques à Metz, qui fait à son tour confiance aux artistes pour pallier la crise du commerce de centre-ville. Cette fois, Vitrine éphémère y installe une galerie (exposition-vente) dans l’une des plus grandes cellules inoccupées. Cette installation au cœur de la ville, qui ne devait durer qu’un trimestre, se prolonge plus d’une année. Le public répond massivement présent et se fidélise. Cette nouvelle visibilité permet au collectif de grandir encore puisqu’aujourd’hui, il compte une cinquantaine d’artistes. Mais face aux sollicitations de plus en plus nombreuses, l’association se trouve confrontée à de nouvelles nécessités. D’abord, le besoin d’instaurer un comité de sélection des artistes afin de conserver un équilibre aussi fragile que nécessaire : présenter des œuvres variées (styles, techniques, etc.), de qualité puisque toutes proposées à la vente, maintenir une cohérence de l’ensemble, imposer un rythme de création aux membres afin d’offrir chaque mois des nouveautés… Ensuite, l’obligation d’imposer des règles liées à la multiplication des plages d’ouverture de la galerie.

Ainsi, chaque membre doit devenir pleinement acteur du collectif, qui ne compte que des bénévoles. Il faut tenir les permanences (et même, le planning des permanences !), créer des affiches et flyers, imaginer chaque mois une nouvelle scénographie, cuisiner pour les vernissages, faire le ménage, fabriquer le mobilier d’exposition, rédiger la newsletter…

Si ces contraintes sont acceptées, c’est qu’elles sont inhérentes à l’esprit collectif. Car ainsi, les artistes se rencontrent, échangent, s’aident, renouvellent leurs idées et inspiration, trouvent des solutions techniques et vendent leurs travaux à des conditions très intéressantes puisqu’ils ne versent qu’un don minime (7 %) à Vitrine éphémère pour assurer son fonctionnement.

Parce qu’il est important de le souligner, Vitrine éphémère ne perçoit aucune subvention publique.